Lieu historique national du Fort-Témiscamingue–Obadjiwan
Poste de traite des fourrures fréquenté depuis des siècles par les Algonquins, ce site historique en bordure du lac Témiscamingue retrace plus de deux siècles d'occupation française puis britannique, structurés autour d'un emplacement stratégique au carrefour des routes commerciales nordiques.
Le secteur du lac Témiscamingue constitue depuis des siècles un carrefour stratégique pour le commerce des fourrures, le bassin hydrographique de la rivière des Outaouais, qui coule vers le sud, y rencontrant celui de la rivière Harricana qui remonte vers le nord jusqu'à la baie James, faisant de cette région une porte d'entrée naturelle entre les territoires algonquins de l'intérieur et les réseaux commerciaux établis le long du fleuve Saint-Laurent. C'est dans ce contexte qu'en 1686, une expédition française dirigée par le chevalier Pierre de Troyes, accompagnée du futur fondateur de la Louisiane Pierre Le Moyne d'Iberville, érigea un premier fort de fortune au lac Témiscamingue avant de poursuivre sa route vers l'Abitibi, dans le cadre des guerres opposant les compagnies françaises et anglaises pour le contrôle de la traite des fourrures dans cette région frontalière du continent. Le site, aujourd'hui désigné lieu historique national du Canada sous l'appellation Fort-Témiscamingue–Obadjiwan — ce dernier terme reconnaissant l'occupation algonquine ancestrale du territoire bien avant l'arrivée des marchands européens —, permet de comprendre l'évolution de ce poste de traite à travers les changements successifs de domination coloniale, jusqu'à sa transformation au XIXe siècle en porte d'entrée pour les marchands de bois qui redécouvrirent cette frontière septentrionale du Québec et y développèrent l'exploitation forestière qui structurerait l'économie régionale pour les décennies suivantes.
Adresse
834, chemin du Vieux-Fort, Duhamel-Ouest (QC) J9V 1Z9